ROEBLING (J. A.)

ROEBLING (J. A.)
ROEBLING (J. A.)

ROEBLING JOHN AUGUSTUS (1806-1869)

Les ponts ne relèvent pas à proprement parler de l’architecture: on confie généralement leur construction à des ingénieurs n’ayant aucune formation architecturale, Maillart étant l’exception la plus remarquable de cette pratique dévalorisante. Roebling est l’un de ces ingénieurs, dont le style (ou l’absence de style) allait tant influencer les architectes rationalistes du XXe siècle (comme en témoigne, par exemple, l’importance des silos à grains américains pour Walter Gropius puis pour Le Corbusier). Mais, d’après Mumford (The Brown Decades - A Study of the Arts in America, 1865 -1895 , 1971), Roebling aurait étudié l’architecture et même la philosophie avec Hegel (il laisse un gros manuscrit intitulé Théorie de l’univers ). Il est de toute manière certain que Roebling, dont les histoires de l’architecture parlent trop peu, est né en Allemagne, qu’il a fait ses études à l’École polytechnique royale de Berlin (il y écrit une thèse sur les possibilités offertes par la suspension des ponts), et qu’il est venu faire carrière aux États-Unis en 1837.

Ce n’est pas toujours de l’architecture proprement dite que viennent les réalisations architecturales les plus modernes, et c’est précisément parce que Roebling (comme Eiffel) n’avait pas de formation architecturale (à l’époque l’architecture s’enlisait dans des questions assez oiseuses de fidélité ou d’interprétation historique) qu’il a pu concevoir le fameux Brooklyn Bridge. D’une certaine manière, il n’a fait qu’appliquer à une plus grande échelle les principes du Français Marc Seguin (qui, le premier, employa des câbles métalliques pour la suspension des ponts). Mais la différence de taille est précisément la question à laquelle Roebling a dû répondre, et il l’a fait avec audace: il affirme que l’équilibre entre l’élasticité et le poids, les forces de traction et la résistance des matériaux ne serait pas rompu par le gigantisme de l’édifice.

C’est le pont construit près des chutes du Niagara en 1852, le premier pont de chemin de fer suspendu (aujourd’hui disparu) qui rendit célèbre le nom de Roebling en raison de sa longueur, et qui valut à son auteur la commande du Brooklyn Bridge. Malgré une campagne hostile à cette construction pourtant nécessaire, il dessina le pont suspendu le plus long du monde à l’époque. La commande de cet édifice auquel il travaillait depuis dix ans n’eut lieu qu’en 1867, deux ans avant sa mort, et c’est son fils qui en réalisa la construction. Ce pont donnait à New York le ton d’un gigantisme auquel les gratte-ciel de Manhattan ne s’accorderont verticalement que plus tard.

Encyclopédie Universelle. 2012.


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